lundi 23 septembre 2013


Séance de  rentrée du conseil municipal le 23 septembre.


Comme d'habitude quelques centaines de milliers d'euros de subventions distribuées. En l'absence des fiches de présentation et des travaux initiaux en commission, il est difficile d'avoir un avis sur le bien fondé de toutes les aides.
Notons lors de la séance un incident très intéressant.  Nous reprenons ici l'excellent compte-rendu d'Alain Moyat sur Reimsmunicipales.canalblog.com

"Bref, la soirée traînait en longueur jusqu'au où l'élue du MoDem Johanna Touzel a demandé à prendre la parole pour s'offusquer à propos d'une affiche éditée par l'association TRAC à l'occasion des 8 ème Nuits de la jongle organisées ce week-end et sur laquelle on pouvait lire en sous titre: "Pire que les Boches".
nuis jongle
"Un scandale, une honte" pour JohannaTouzel
Voici dans son intégralité l'intervention de l'élue
"Le Festival Scène d'Europe est une belle initiative, qui permet à des artistes de toute l'Europe de se produire à Reims. Je me demande si ce festival est aussi ouvert aux artistes boches? Les boches, les allemands. Je croyais que ce genre de termes avait disparu du langage en France: les boches, les bougnoules, les youpins: autant de termes méprisants pour désigner des peuples et susciter les moqueries ou la haine à leur égard.
Or, quelle n'a pas été ma surprise lorsque j'ai découvert l'affiche des 8ème Nuits de la jongle, un festival qui se tiendra le week-end à Reims avec ce sous titre: "Pire que les Boches". On voit sur l'affiche un jongleur évoluer dans une ville de Reims en ruines. Pire que les boches, qu'est ce que cela veut dire?
Moi, qui suis à moitié boche, j'attends des explications. les habitants d'Aix la Chapelle, notre ville jumelle en Allemagne certainement aussi. Et puis sans doute aussi tous les Rémois de nationalité boche ou descendants de boches.
Ces boches qui, avant que les deux guerres mondiales ne déchirent nos peuples, ont contribué au rayonnement et à la prospérité de notre ville en développant les maisons de champagne notamment, auxquelles elles ont laissé leur patronyme: Taittinger, Roederer, Krug et j'en apsse. Ces boches dont certains sont devenus maires de Reims, Madame la maire.
Ces boches avec qui nous nous sommes réconciliés en la cathédrale de Reims, il y a 50 ans et dont la chancelière a tenu à marquer la commémoration e venant l'année dernière dans notre ville.
En cette année où nous commémorons le 50 ème anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée, l'acte II de la Réconciliation franco-allemande qui avait été lancé dix ans plus tôt, en 1950, par un homme politique français qui s'était fait traiter de sale boche: Robert Schuman
Bref, en cette année si particulière ou les relents de populisme gagnent de plus en plus l'Europe touchée par la crise, ce terme "boche" et cette affiche sont un scandale, une honte pour notre ville.
Je demande donc des explications: qui a validé l'affiche? puisqu'elle a été validée: quel message la ville compte t-elle faire passer avec ce slogan: "pire que les boches"?
Je demande ensuite des excuses et le retrait immédiat de cette affiche de tous les panneaux d'affichage."
La ville: "nous n'y sommes pour rien"
"Cette affiche n'a pas été validée par la ville. La liberté des associations est totale, mais je désapprouve" a aussitôt répondu la maire Adeline Hazan vite épaulée par son adjoint à la culture Serge Pugeault. "On a été choqué. Oui il faudrait éviter d'utiliser le terme. Comme la Drac, le conseil général, le conseil régional, Reims métropole, les villes de Saint-Brice-Courcelles, Bétheny et Fismes, nous n'avons pas été consultés. Nous ne sommes pas dans le quotidien des associations. Trac a fait un travail. C'est une provocation stupide. Nous n'y sommes pour rien et nous la condamnons. Au motif qu'on subventionne, on ne peut pas exercer une police de la pensée a cru bon expliquer l'adjoint dénonçant le comportement d'antan de certaines communes gérées il y a quelques années par le Front National et qui avaient purement supprimé dans ses bibliothèques tous les abonnements de certains journaux parce qu'ils étaient de gauche. "Certaines communes ont retiré les affiches. Nous n'y sommes strictement pour rien. C'est de l'humour à la Charlie Hebdo. Nous contrôlons la communication seulement quand elle comporte le logo de la ville..."
Adeline Hazan: une affiche indigne
"Cette affiche est indigne" a repris la maire, "mais ce n'est pas à nous de décider de les enlever."
Catherine Vautrin: la condamnation verbale ne suffit pas"
"La condamnation verbale ne suffit pas" a insisté Catherine Vautrin. "Rien ne vous empêche de faire un communiqué de presse. Samedi il va y avoir ce spectacle au titre si dégradant et le même après-midi vous lancez la mission du centenaire de la guerre 1914-1918" s'est étonnée en substance la députée UMP.
Jean-Marie Beaupuy: "des actes"
Conseiller municipal MoDem Jean-Marie Beaupuy a peu apprécié cette condamnation du bout des lèvres prononcée par la maire et son adjoint. "Mettez en phase vos paroles avec des actes."
Serge Pugeault: "on a retiré les flyers qui étaient dans la Galerie"(hier à 21 h 10 l'affiche en question était toutefois encore en façade du site de la Galerie . Elle n'a été ôtée qu'après notre intervention sur le blog)
Adeline Hazan: "On a d'excellentes relations avec cette association. Nous aurons une entrevue et je vais demander à l'association dans deux ou trois jours de ne pas les diffuser (Le spectacle a lieu ce week-end,  ndr)
Xavier Albertini à Mme la maire: "Pourquoi ne voulez vous pas vous désolidariser?
Adeline Hazan: "un écrit de ma part sera rendu publique."
Catherine Vautrin: "Vous n'avez pas le choix. Vous saviez cela depuis samedi dernier déjà. C'est innaceptable et il ne faut pas que cela se reproduise. Au delà de votre écrit,  il y a une charte éthique à mettre en place."
Adeline Hazan: "Il ne faut pas faire de cet incident un conflit entre opposition et majorité. Cela ne justifie pas une charte éthique à mettre en place avec les associations. Je vais faire un écrit condamnant le propos et demander à ce que les affiches et les flyers ne soient pas diffusés par nos services."
Deux minutes plus tard, les élus, comme un seul homme ont fait l'Armisitice. Ils  voté l'adhésion de la ville au groupement d'intérêt public de la mission Centenaire de la première guerre mondiale".
Alain MOYAT

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Soulignons ici que ce n'est pas sans un plaisir certain que nous voyons l'arroseur arrosé...Celui qui, avec l'UMP à l'origine de la première loi liberticide, est le spécialiste de la police de la pensée, de la pensée politiquement correcte obligatoire doit rendre des comptes sur l'usage du terme "boche" sur des affiches et tracts de l' association  TRAC recevant de l'argent public, notamment de la mairie de Reims. Lorsqu'on entre dans la logique d'une pensée politiquement correcte, on doit s'attendre à ce que des critiques apparaissent au nom même de cette normalité. 

Le risque n'est cependant pas très grand dans une société dont les référents culturels et moraux ont bien été campés dans les cerveaux par une intelligentsia de gauche qui depuis 68 a compris que le pouvoir se prendrait par le métapolitique quand la droite gaulliste et centriste n'a rien su voir ou a laissé la place libre en brillant par leur absence d'engagement sur ce terrain. Heureusement, ici, on se situe pleinement dans le champ lexical qui permet la critique et dans l'approche reconnue comme acceptable par le pouvoir en place.

Dommage que les catholiques présents au conseil municipal n'aient pas réagi avec la même verve lors d'expositions ou de manifestations soutenues ou organisées par l'actuelle majorité où le Christ et l'Eglise étaient tournés en dérision. Il est vrai qu'avec un clergé soucieux de ne pas trop donner l'impression de faire de prosélytisme, de ne pas prendre des positions sociétales ( son engagement contre la loi pour le mariage des homosexuels ayant été comme un réveil, d'ailleurs plus pour suivre les fidèles descendus dans la rue que pour appeler ceux-ci à y descendre initialement).

Notons aussi toute la duplicité des socialistes. Ils ne veulent pas faire de police de la pensée, les associations sont libres de leur expression...Enchanté de l'apprendre aujourd'hui au bénéfice, il est vrai, d'une association où de petits copains doivent faire passer la bonne parole ou drainer des électeurs ( le site du Chant des cerises de l'association TRAC, est d'ailleurs révélateur de ce qui est connoté au regard du lien étroit qui existe entre ce chant et la Commune de Paris). On se  souviendra pourtant de ce refus  affiché d'exercer une police de la pensée.

Rappelons cependant comment le 8 octobre 2011, au Parc des expositions Mme Hazan a fait enlever une affiche contre les spectacles christianophobes que j'avais mise au stand qui m'avait été attribué au titre de l'association Marnaise Christianisme et Société. On pourra se référer au compte-rendu de l'Observatoire de la christianophobie  et au site de l'Association Marnaise Christianisme et Société qui montre l'affiche en cause. On pourra constater que cette affiche non seulement ne contenait aucune injure au regard de l'origine ethnique ou religieuse mais justement dénonçait l’offense  gratuite qui était faite aux chrétiens avec l'argent public ( exposition "Piss Christ d'Avignon de la fondation Lambert  au budget de fonctionnement financé à 100% sur crédits publics ou spectacle "Sur le visage du Christ" et "Golgota Picknik" dans le cadre de festivals  ou de salles de spectacles largement aidés par des crédits publics).


Il y a donc chez les socialistes un double langage:
- un refus louable d'exercer une police de la pensée lorsque l'association en cause sert leurs intérêts ( mais un refus scandaleux de se démarquer spontanément des propos de ladite association et de demander des termes plus adaptés pour une association aidée par des crédits publics);
- une police de la pensée allant au-delà de ce que permettent les lois liberticides actuelles; une police de la pensée digne des pays de l'Est lorsqu'il s'agit de protéger les actes christianophobes des petits copains protégés et aidés par le PS ou certains élus de UMP ou de modifier en profondeur la société. Cela ne m'étonne pas. Les récentes arrestations arbitraires des manifestants contre le mariage pour les homosexuels, le gazage des femmes et des enfants qui manifestaient pacifiquement traduisent bien la dérive totalitaire maintenant physique  d'un pouvoir socialiste qui sent que le peuple de France lui échappe malgré le monopole des médias possédés par les amis PS ou UMP acquis à leurs idées et dont la différence tient simplement à savoir qui sera élu pour mener la même politique.

Jean-Claude Philipot



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